Une bonne gestion de la compression

« Une bonne gestion » et non pas « La bonne gestion ». Curieuse façon de commencer un sujet me direz-vous. Mais nécessaire pour ma part pour balayer tout malentendu ! Je n’ai pas la prétention de vous délivrez une recette miracle (il n’y en a pas, tout simplement), mais de vous faire part de mon expérience au sujet de la compression.

Car de nos jours, la compression est incontournable : écoutez un CD d’il y a seulement 10 ans, et vous vous retrouverez à devoir largement augmenter le volume de votre lecteur. Je ne vais pas polémiquer sur la « loudness war » comme on commence à en entendre parler aux States. Mais comme tout le monde veut être aussi fort (en volume) que ses p’tits copains, nous autres ingénieurs du son n’avons pas d’autre choix que de compresser. Et même, énormément compresser !
Seulement, c’est tout un art quand on ne veut pas donner le sentiment que le son est comprimé, qu’il ne respire plus. Alors voici quelques astuces qui, pour moi, fonctionnent bien :

            - Règle la plus importante : mieux vaut compresser 3 fois 3dB qu’une seule fois 9dB. Ainsi on ne comprime pas le son, mais on le « canalise » par petites touches. En pratique, je compresse dès la prise ; et au mix je recompresse une, ou même deux fois (sans parler de la compression du LR et du mastering !).
            - La compression parallèle, c’est à dire mélanger un signal dry (non-traité) et le même signal compressé. Je l’utilise essentiellement sur les sous-groupes de batterie mais cela marche aussi très bien sur les voix, les guitares acoustiques… D’un côté vous avez un signal non-compressé (ou bien peu-compressé) qui garde toute sa dynamique, qui respire, et d’un autre côté le même signal mais cette fois sur-compressé. Pour le coup, le signal sur-compressé est clairement écrasé, comprimé, mais ajouté au signal dry, il apporte beaucoup de présence et de punch. On n’a pas le sentiment que le signal est très compressé car les transitoires sont là (apportées par le signal dry) mais il est très épais et du coup s’insère très bien dans le mix. Sur un chant, on peut ainsi bien rentrer la voix dans la musique tout en gardant son intelligibilité. C’est une technique particulièrement intéressante lorsqu’on dispose de compresseurs qui ont une vraie couleur, car du coup, elle est mis en avant par l’utilisation « excessive » du compresseur.

Voilà à mes yeux, deux choses essentielles sur la compression. S’il n’y a pas de règle d’or dans les techniques du son, si la compression parallèle n’est pas à utiliser systématiquement (cela dépend évidemment du style de musique et des prises de sons), ayez quand même dans un coin de votre tête que 3*3 vaut mieux que 1*9. A bon entendeur…

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