Multi-effets américain qui vit le jour en 1993, et que l’on trouva dès lors dans de nombreux racks… de guitaristes ! Et oui, si le DP/4 a sa place dans un studio, il est le petit chouchou de beaucoup de musiciens.
Avant d’attaquer la partie « son », petit tour technique : 4 entrées, 4 sorties, 4 processeurs. Voilà de quoi faire, la bête dispose de 4 multi-effets indépendants configurables à souhait : effets à entrée mono ou stéréo, à sortie mono ou stéréo (pour chaque processeur), chaînables (ou non) en série ou en parallèle… Ca peut faire peur sur le papier mais une fois en face de la machine, c’est plutôt clair et bien foutu. En tout cas une chose est sûre : c’est très puissant, les possibilitées paraissent illimitées !
Maintenant passons au plus important : le son.
Et bien, c’est tout simplement très bon ! Les réverbes sont superbes car tellement naturelles : plus besoin de baisser les aigus à l’EQ pour enlever le côté sur-brillant et du coup artificiel. Elles disposent de beaucoup de paramètres assez complexes de Definition, Diffusion avec réinjections (et j’en passe !) en plus des standards decay, pre-delay et HF Damping. Les « plates » sont riches, denses et conviennent admirablement bien aux voix. Les « halls » et « rooms » sont très réalistes et créent une véritable sensation d’acoustique réelle.
En plus ces algorithmes disposent d’un paramètre très intéressant : le Position Balance, qui permet de gérer l’éloignement de la source. Imaginez que vous mettez votre source dans une pièce (hall, room de taille small, medium, large…) et que vous disposez 3 couples stéréos de micros. Un proche de la source, un tout au fond de la pièce, et un autre à mi-distance. Et bien le Position Balance vous permet de gérer les niveaux de ces 3 couples virtuels par le biais de 3 volumes indépendants. Bon d’accord ce n’est pas nouveau comme paramètre (notre M3000 en a un, mais plus sommaire, les Eventides aussi, notamment le H3000 sur lequel il est incroyablement efficace…) mais on ne le trouve quand même pas sur toutes les machines, et celui là est très flexible.
Voilà pour le point fort du DP/4, mais il ne faudrait surtout pas se limiter à ça, car les autres effets sont également de très bonne qualité. Delay, phaser, chorus, flanger sous de nombreuses formes sont présents, toujours avec ce côté « sans excès d’aigu » qui rend les sons, à mon goût, tellement plus beau. On trouve aussi des simulateurs d’ampli, des distortions, des rotary speakers, auto-pan, un vocoder, un vibrato, et des classiques EQ, compresseurs, expandeurs… Bref, tout y est ! Certains algorithmes cumulent même différents effets en n’utilisant qu’un seul processeur comme par exemple un EQ+Chorus+Delay.
Avoir une machine qui donne des effets de cette qualité est un vrai plaisir, mais en plus avec le DP/4 vous multipliez ça par 4 ! Que demander de plus ? (non, pas un Fairchild 670, ça ne compte pas !) PS : pour ceux qui ne savent pas, le Fairchild 670, compresseur stéréo Vari-Mu datant des années 50, est considéré comme le « père des compresseurs », le Saint Graal du son, dont la côte est aux alentours de 30 000 $.